La carte des 5 vins

C’était Lundi midi à Paris. Pas loin de la Seine, un petit bistrot qui ne payait pas de mine mais annonçait sur sa vitrine déjeuner au chaud et vins en tout genre. Eva – la fameuse célèbre bloggeuse de Oenos – et moi-même nous dirigeâmes, allègres et en hypoglycémie, vers ce lieu porteur de promesses d’estomacs pleins et de verres remplis.

Un peu confuses de prime abord par la décoration hésitante du lieu (fauteuils boudoirs, rideaux pop art et aquarelles au mur) nous reposâmes nos yeux sur la carte des vins.

Interloquées, presque en colère, nous interpelâmes le serveur en lui demandant de bien vouloir, s’il vous plait, nous apporter la vraie carte des vins, celle plus exotique, plus osée, ou tout du moins plus détaillée qu’il avait omis de nous remettre. La réponse était sans appel, presque condescendante: ‘ Mais vous l’avez déjà mesdames‘. L’indignation fit place au rire et nous commandâmes, en pouffant, un Brouilly AOC et un Merlot Rouge  pour accompagner nos canard confit et tartare de boeuf (nota bene: j’ai appris plus tard qu’il existait du Merlot Blanc cultivé en Gironde et en voie de disparition).

En attendant notre commande nous étions bien décidées à ne pas nous comporter en snobs et parlions avec passion de démocratisation du vin, de petits producteurs et de dégustations sans chichis.

Il y avait de ma buée sur nos verres quand ils arrivèrent sur la table. Vaillantes, nous dégustâmes le Merlot:

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Robe: même couleur de mon vernis à ongle Extreme Blackcurrant.

Nez: indétectable. Trop froid

Bouche: indétectable. Trop froid

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Quittant plus tard les lieux, rassasiées et rafraîchies nous jurâmes, mais un peu tard, qu’on nous n’y prendrait plus.