Les cracheurs d’élite

En l’honneur de cette journée Wine, Blogs et Rock’n’Roll, vous trouverez sur ce blog un récit dont l’essence même satisfera vos attentes MAIS AUSSI des liens sonores qui rythmeront et illustreront ce récit.

Ready ? One, two, one, two, three, four !

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Nous sommes dans le Paris du deuxième millénaire, plus d’un demi-siècle après Elvis et la naissance du Bouge’et’Roule et la ville est fiévreuse, assaillie par les visiteurs à l’occasion du Salon des Vignerons Indépendants de Paris.

Une bloggeuse, votre humble ‘serviteuse’, est penchée sur une feuille blanche digitale, la tête fumeuse à force de réfléchir à son prochain sujet. Elle cherche l’inspiration en écoutant un CD de ses années fac et rock’n’roll :  The Strokes, Is this it.

Le calme apparent de l’après-midi est soudainement perturbé par la seule et l’unique Miss Glouglou (une bloggeuse  qui a de la bouteille) qui en quelques phrases  s’invite dans l’agenda de notre héroïne en lui proposant sans détour et sans vergogne de la rejoindre sur le salon susnommé : ‘Viens! Viens!” exhorte la généreuse amie  avec enthousiasme. “Ça va être super sympa: je suis jury pour les Cracheurs d’Or 2010. J’en suis trop fière !’’ La curiosité de notre bloggeuse est titillée par l’évènement, son envie d’aventure réveillée par l’appel et son sens de l’humour sérieusement chatouillé par le titre accrocheur du prix.

Quittant alors père et mère ordinateur et occupations, elle se précipite vers la Porte de Versailles où a lieu le salon. Métro, bain de foule et chaos; Elle zigzague vaillamment entre les badauds du parc expo et leurs cadis, court après le temps qui court et s’essouffle dans des kilomètres de couloirs. Une fois à l’entrée -sans invitation- elle se voit rabrouée mais qu’à cela ne tienne : Dans sa tête un son sourd, une mélodie lui donne des ailes. Eye of the Tiger est son mantra musical pour atteindre le but, le cœur du salon, le saint des saints : LE CONCOURS DES CRACHEURS D’OR 201o. Alors elle parlemente, convainc puis franchit, verre INAO à la main, la frontière du salon et son armée de personnel en tablier.

Un labyrinthe d’allées et deux épaisseurs de manteau en moins, votre héroïne arrive enfin au lieu du prestigieux concours. Ambiance feutrée, caméras et journalistes en place, candidats installés… il ne manque plus qu’un dernier membre du jury.

La musique dans sa tête s’est apaisée et c’est au son des Libertines, What Katie Did que votre héroïne s’installe dans un coin, prête à observer.

La paix apparente de cette fin d’après-midi est une fois de plus perturbée. Sans prévenir et sans préambule une organisatrice du concours s’approche de notre bloggeuse et lui demande de rejoindre son amie à la table du jury. Quelle chance ! Que d’honneur ! Quelle surprise ! Quel après-midi rock’n’roll !

Le reste de la journée passe comme dans un concert, entre applaudissement et crépitements des flashs. On présente au jury les prétendants à la couronne de cracheur d’élite, on teste lesdits prétendants et le jury (qui doit ici-même défendre son honneur et justifier par un sans faute la légitimité de sa présence) sur leurs connaissances viticoles puis on sélectionne cinq lauréats, les meilleurs, pour l’épreuve ultime.

Qu’on fasse venir le crachoir, c’est l’heure.

Chacun à son tour, les candidats s’approchent, religieusement, du récipient. Le jury est aux abois. Qui récompenser pour le plus beau crachat ? Quelle note donner à cette tentative téméraire de cracher loin mais qui éclaboussa ? Et à cet autre qui crachouille et bave ? Finalement, c’est un beau recraché long et maitrisé qui emporte la palme d’or. C’est un moment historique : le gagnant est le premier homme cracheur d’or  et devient sous les yeux bienveillants du public, cracheur référant, adoubé par Michel Bettane.

Champagne, fans et journalistes, le gagnant pourrait être Mick Jagger et le jukebox pourrait jouer I’m a Man de Black Strobe.

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